Je ne suis pas certain que l’on puisse assimiler Onfray à Lévy, en ce que le premier serait tout aussi imposteur que le second.
Pour Lévy, l’imposture est évidente: depuis 30 ans qu’il écume les plateaux de télévision et qu’il occupe des postes d’influence, le public attend toujours la première trace d’une oeuvre. Il n’a rien écrit qui puisse être considéré, fût-ce de loin, comme un commencement d’oeuvre philosophique.
Il est inutile, je crois, de démontrer que je n’approuve pas les violences naïves d’Onfray. Mais, d’abord, c’est un auteur: on peut lire des livres de lui. Il est aussi un orateur talentueux, et un professeur capable d’intéresser un amphithéâtre. Le reproche qu’on peut lui faire est de surfer sur des vagues faciles, c’est un phénomène d’époque. Mais il est prisonnier d’un passé social, notamment de l’humiliation sociale de son père, et l’on peut pardonner ses révoltes naïves, même si l’on est en droit d’attendre plus. Il a d’autres défauts, dont celui de la vanité, évidemment difficile à surmonter quand on est un auteur à succès. Mais enfin, c’est une intelligence vivante. Il est dommage qu’il se perde dans ce moralisme convenu. Cependant, je dois avouer à mon tour que je ne suis pas passionné par les philosophes moralistes, donc je suis peut-être un peu partial.
Aucun Commentaire
Laissez un commentaire