J’entends une rumeur désagréable selon laquelle le professeur Fleury envisagerait de démissionner de l’Université française.
Je précise que je ne connais pas ce professeur, et que je ne sais même pas à quoi il ressemble.
C’est ce professeur qui, après une réussite brillante à l’agrégation de Droit, a choisi Poitiers, deuxième faculté de Droit en France par sa réputation, mais a été écarté du campus de Poitiers à cause de ses engagements politiques trop droitiers dans sa jeunesse boutonneuse.
Autrement dit, non pas parce qu’il était d’extrême-droite, mais parce qu’il avait été d’extrême-droite.
Car il va de soi que le même extrémisme à gauche, même continué après les boutons de l’adolescence et professé à l’âge adulte en amphithéâtre, n’a rien de choquant.
Toujours est-il qu’à Poitiers, une ville tenue sans opposition par les marxistes à la municipalité depuis 1977, mais aussi dans les organismes culturels, et naturellement les écoles et facultés, le professeur Fleury n’a pas pu apparaître sur le campus, victime d’une cabale d’abord lancée par un professeur répondant au nom d’Augustin, puis relayée par les communistes. Devant l’ampleur des dégâts provoqués par son intolérance, et surtout après avoir tout de même fait connaissance de son jeune confrère Fleury et changé d’avis sur son compte, le sieur Augustin a cherché à réparer sa faute morale et remonter le courant, arrêter les hordes qu’il avait excitées lui-même, mais c’était trop tard.
Donc, le professeur Fleury a été exilé à Angoulême, sur un campus annexe de l’Université de Poitiers. C’est évidemment un placard auquel il ne s’attendait pas, ayant été reconnu comme le meilleur agrégé de sa génération!
Il paraît donc qu’il se résignerait à quitter sa carrière, sitôt commencée.
Cette année 2008 (qui n’est pas finie) on aura pu compter - à Poitiers seulement! - trois affaires d’un genre comparable: Fleury interdit à la fac de Droit, moi-même interdit sur le campus pictave de Sciences-Po Paris pour avoir critiqué, non pas en cours mais sur ce blog, Hugo Chavez ; et je viens je prendre connaissance d’une troisième affaire, concernant un jeune docteur, Arnould de la Brosse, jugé lui aussi suspect d’antipathie envers le communisme. Cet universitaire est donc lui aussi exilé sur le campus d’Angoulême, qui devient en quelque sorte pour Poitiers ce qu’était jadis Gorki pour Moscou.
Et il faut ajouter naturellement l’affaire Gougenheim, qui met en cause cette fois-ci l’Ecole normale supérieure.
Et encore la direction communiste du site Clio, qui a interdit à l’un de ses collaborateurs de publier un commentaire de mon Histoire mondiale des idées politiques, pourtant recommandée à Sciences-Po (à Paris, bien sûr, pas à Poitiers!).
Et probablement d’autres affaires que je ne connais pas.
Cela fait décidément beaucoup d’atteintes aux libertés universitaires dans une seule année. Mais ce n’est probablement qu’un début, à moins que le Gouvernement actuel ne s’occupe de décommuniser l’Université, comme il est en train de décommuniser enfin les sections littéraires du CNRS.
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