Les chercheurs du CNRS feront une marche de protestation contre la réforme de leur institut. J’ignore si le Pouvoir actuel aura le courage de trancher dans le vif, mais il faut bien admettre que depuis trop longtemps, la réputation du CNRS est ternie par un trop grand nombre de salariés indélicats. Dans le domaine des sciences humaines, c’est une sinécure réservée aux enseignants-militants de gauche qui se partagent entre eux ce fromage de la République. Dans les sciences dures, j’ai pu observer des abus également inadmissibles. Notamment un chercheur sur le sang, qui un beau jour décida de fonder un “laboratoire” consacré à la défense du droit des bébés à naître. Politiquement, c’était une idée louable, mais le rapport avec son travail?… bien sûr, le CNRS ne reconnut pas ce prétendu “laboratoire”, ce qui n’empêcha nullement le prétendu “chercheur” de poser une plaque sur sa porte au nom de l’association 1901 qu’il avait fondée, et d’abandonner toute activité professionnelle jusqu’à sa retraite, soit une dizaine d’années passées sur place sans rien faire sinon du lobbying pour son association, mais en recevant un confortable salaire de “directeur de recherches 2e échelon”: le système était tellement laxiste, et d’ailleurs verrouillé aussi par l’absurde statut des fonctionnaires français, que rien ni personne n’a jamais pu le remettre au travail!
Naturellement, le risque que présente une tentative de réforme ( à laquelle je ne crois pas, d’ailleurs, car il y faudrait du courage) serait de contraindre tous les chercheurs à être rentables. Or la recherche est souvent comme la culture, elle n’est pas rentable, ou bien à long terme, ou bien encore elle produit du savoir gratuit, qui est un signe des grandes civilisations. Mais la mentalité marchande qui gouverne notre monde ne le comprend sûrement pas. Ainsi sommes-nous pris entre le marteau et l’enclume, entre un CNRS qui, dans certaines de ses divisions, déshonore la recherche, et un Etat gouverné par des boutiquiers
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