J’ai vu hier un débat télévisé entre quatre philosophes à propos des bouleversements mondiaux.
A défaut d’idées communes, j’avais une certaine curiosité intellectuelle pour Michel Onfray, mais décidément son discours est trop approximatif pour être écouté.
La première qualité que l’on demande d’un philosophe -ou au moins d’un professeur de philosophie - c’est de maîtriser les concepts. Un homme moins symathique qu’Onfray au premier abord, et dont je ne partage pas non plus forcément les idées, un professeur de philosophie du nom de Jean-Luc Marion, récemment élu à l’Académie, disait, quand il était prof à l’Université de Poitiers: “Il faut que les étudiants ‘bouffent’ des concepts, des concepts, des concepts!” , et il avait raison.
Hier soir donc, Onfray assimile les martyrs chrétiens aux martyrs islamistes, sans la moindre précaution. L’amalgame, et plus généralement l’analogie, sont les démons les plus pernicieux qui puissent embrumer l’esprit.
Il faut rappeler ceci: un martyr chrétien est celui qui accepte de se faire tuer plutôt que de renier sa foi au Christ.
Ce que les Islamistes appellent un “martyr” est celui qui accepte de mourir en commettant un assassinat sur d’autres gens, pour être certain que son crime réussira. Il se ceinture d’explosifs, ou conduit un engin bourré d’explosifs, et accepte ainsi la mort pour le dieu qu’il sert.
D’un côté une parole de vie éternelle qui triomphe de la mort. C’est le martyre chrétien.
De l’autre une parole de mort qui arrache la vie reçue pour soi-même et les autres.
Il n’y a aucun amalgame possible.
Merci de ce double rappel, tant sur le sens du martyr chrétien, que sur l’importance de la justesse des mots et des concepts.
Il est regrettable que les présentateurs et journalistes acceptent trop souvent des imprécisions menant à l’erreur, des raccourcis de pensée, par paresse intellectuelle ou esprit partisan. Or, ce qu’on peut admettre de la part de médias par nature portés à la facilité est inexcusable pour ceux dont la vocation devrait être de clarifier les idées.
Merci pour ce rappel. Je ne regarde pratiquement jamais la télévision et j’aimerais simplement savoir sur quelle chaîne les débats télévisés entre philosophes sont-ils diffusés?
Michel Onfray se veut pour l’homme. Nous pourrions l’en montrer de la reconnaissance s’il n’était contre Dieu. Car qu’est l’homme exactement sans Dieu? Une façon d’Onfray? Avec un leitmotiv qui est son anti-catholicisme viscéral et étrangement affecté.
Onfray, jouant sur l’idée que nous valons par la valeur de nos ennemis, a comme nombre de gens, décidé de s’attaquer au catholicisme pour profiter ainsi de la noblesse de son ennemi. Onfray ne propose rien, hormis la destruction, l’anti-tout. C’est affligeant et nocif à la fois car il entraîne après lui nombre d’esprits démunis.
Si l’anti-catholicisme d’Onfray était sincère et intègre, Dieu en aurait fait un autre Saint-Paul. Il doit y avoir quelque chose de tiède chez lui, d’approximatif, d’imparfait, -Onfray est encore dans la posture- ce qui porte Dieu à attendre un peu. Il n’est que de prier. Sourire.