Yves-Marie Adeline / 175 Articles / 403 Commentaires / Articles RSS / Commentaires RSS


Disparition des départements

C’est effectivement dans un rôle de réformateur que j’aime mieux M. Sarkozy, même si je désapprouve souvent sa politique. S’agissant des départements, il est clair que nous avons là un échelon administratif désormais encombrant, qui ne se justifie plus à notre époque où les gens ont élargi leur rayon de déplacement. D’autant que nous avons déjà 36.000 communes pour encadrer le pays.

Selon les propositions que j’avais faites à la Commission Balladur, le département peut demeurer, mais comme un collège électoral; il convient de régionaliser l’administration territoriale, quitte à imaginer des antennes régionales, en vertu du principe disposant qu’on ne gère bien que ce qu’on gère de près. Ainsi, nous n’aurions pas une superposition d’élus et de fonctionnaires, mais des conseillers régionaux en charge d’une région, assistés par une fonction publique régionale.  

Cela dit, en proposant une telle réforme, Sarkozy va se heurter à plusieurs centaines de féodaux dont certains sont très puissants, ne serait-ce que la centaine des présidents des conseils généraux. Dans un système où il n’y a pas d’arbitre, peut-on imaginer que notre oligarchie acceptera de subir une telle cure d’amaigrissement?

2 Commentaires

  1. Henri — 2 juillet 2008 #

    Moi, ce qui me plait dans la disparition des départements c’est la disparition de leur nom presque toujours issu du nom d’un cours d’eau. Mis à part quelques uns vraiment signifiant comme le Finistère que j’aime bien, le récent Cotes d’Armor ou j’entends Amour (je sais c’est du breton qui veut dire littoral, mais j’entends Amour quand même …), ou l’antique et sublime Corse, beaucoup d’autres sont laids. On a certes un peu amélioré avec le temps le sort des charentais inférieurs ou celui de leur compatriotes de la Seine inférieure mais j’ai toujours l’impression en traversant la France de croiser des peuplades lacustres vivant exclusivement des ressources de la Loire, du Cher, de l’Indre (ou d’une combinaison de 2 des 3 précédents), de la Somme, un fleuve bien sur, mais pas bien gros quand même, de la modeste Aisne, de la très paisible Marne ou du peu docile Herault.
    Grâce à cette disparition, vous ne vivrez plus dans la Vienne M. Adeline mais dans le Poitou ce qui a quand même un peu plus de gueule!

  2. Yvon de Poligny — 2 juillet 2008 #

    Les départements étaient censés, en remplaçant le rôle administratif des provinces, effacer la multitude de petits nationalismes qui s’y rattachaient. A leur création en 1792 (sauf erreur de ma part) on s’écriait à l’Assemblée qu’ainsi “il n’y aurait plus ni Bretons, ni Bourguignons, ni Provençaux, mais seulement des Français !”
    Cet élan patriotique ne résista pas à la constance des instincts populaires, qui créa de nouveaux nationalismes … départementaux. Vint le temps de l”histoire départementalisée, créant artificiellement pour ces circonscriptions purement administratives un passé commun, célébrant fièrement les cultures et coutumes locales auparavant vouées à l’oubli, et jusqu’à l’actuel et surréaliste attachement identitaire aux numéros des départements sur les voitures !
    Les régions ayant approximativement ressuscité les provinces, les “pays” correspondant mieux aux réels particularismes locaux, oublions donc ces départements dont le but discutable a été dévoyé par ceux-là même qui l’avaient élaboré.

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