Exposition Prévert à Paris.
Je me souviens, en visite chez des amis, d’un élève du secondaire qui devait rédiger à la maison une dissertation sur le thème: “Pourquoi, selon vous, Prévert continue-t-il d’être lu par la jeunesse?”
Il m’avait demandé de l’aider à répondre.
J’ai dicté:
“Parce que sa lecture est obligatoire au programme des écoles”.
Je ne sais pas s’il a été bien noté.
Dans son recueil Paroles, la majorité de ses textes rendent écho à la phrase de Victor Hugo:
“Le calembour est la fiente de l’esprit”
Toutefois, il faut lui reconnaître l’originalité d’avoir élevé un animal “folklorique” au rang de vedette, comme l’avait fait La Fontaine en son temps.
Rappelez-vous :
Une pierre
Deux maisons
Trois ruines
Quatre fossoyeurs
Un jardin
Des fleurs
Un raton laveur
Une douzaine d’huîtres un citron un pain
Un rayon de soleil
Une lame de fond
Six musiciens
Une porte avec son paillasson
Un monsieur décoré de la légion d’honneur
Un autre raton laveur
(…)
Un jour de gloire
Une semaine de bonté
Un mois de Marie
Une année terrible
Une minute de silence
Une seconde d’inattention
Et…
Cinq ou six ratons laveurs
Un petit garçon qui entre à l’école en pleurant
Un petit garçon qui sort de l’école en pleurant
Une fourmi
Deux pierres à briquet
dix-sept éléphants un juge d’instruction en
vacances assis sur un pliant
un paysage avec beaucoup d’herbe verte
dedans
une vache
un taureau
(…)
et…
plusieurs ratons laveurs.
(Extrait de “Inventaire”)