Yves-Marie Adeline / 175 Articles / 403 Commentaires / Articles RSS / Commentaires RSS


Google vs Gallica

Le milieu intellectuel est agité en ce moment à propos d’une rumeur anonçant que le Ministère de la Culture et Google passeraient un accord pour la numérisation des documents de la Bibliothèque nationale.
On nous dit qu’il y a déjà Gallica, et qu’il ne faudrait pas confier cette tâche à des étrangers.
Je n’ai rien contre le colbertisme de la démarche qui consisterait à réserver la numérisation à un organisme national, pour des raisons touchant à la protection du patrimoine littéraire et scientifique.
Mais le problème est que Gallica est nul. Je ne sais pas quelle tête d’oeuf a conçu ce machin, qui est incroyablement malcommode d’utilisation, là où beaucoup d’informaticiens de ma connaissance auraient pu faire beaucoup mieux.
Quand on veut monter au cocotier, il faut avoir la culotte propre. Or le problème se résume à ceci: Gallica est le plus nul possible, Google est le meilleur possible.
Alors que fait-on?

2 Commentaires

  1. henri — 18 septembre 2009 #

    Essayons d’approfondir le constat selon lequel “Gallica est nul”. Est ce simplement parce que les informaticiens de la BNF consomme plus de narcotiques que ceux de qoogle book ? J’en doute. Je crois simplement que Gallica a été conçu par des bibliothécaires qui veulent à toute fin s’interposer entre les ouvrages et les lecteurs en leur proposant des accès subtils et complexes, basé sur les métadonnées qu’ils maitrisent. Bref, ils ont reconstitué sur la toile un guichet sophistiqué pour nous guider dans l’accès aux archives.
    Chez google book, la démarche est différente. Les informaticiens sont conscients de la puissance de leur moteur de recherche. Ils ont numérisé en vrac et laisse les internautes chercher librement dans la masse.

    C’est une grande différence culturelle. Dans le premier cas, la BNF a considéré que l’internaute devait être aidé, guidé et tente de lui donner des moyens pour arriver à un résultat de recherche pertinent (qui n’est pas possible en première approche sur Gallica, d’où ce sentiment que le système est nul). Dans le deuxième cas, l’internaute est libre.

    Pour moi, Gallica ressemble à un dernier baroud d’honneur des bibliothécaires, baroud d’autant plus surprenant que finalement, ils ne savent pas qu’ils ont gagné l’aventure internet. Qu’est ce qu’internet sinon une formidable indexation, un gigantesque archivage, de formidable moyen de préservation de données, bref un monde de bibliothécaires !

    Cela dit, je ne voudrais pas être à la place du ministre de la culture. Si on est pragmatique, on va vers Google book sans hésitation, si on est un peu plus politique, on considère que google est un monopole, dont les intérêts ne sont pas ceux d’enfants de coeur. Il faudra être solide pour s’affronter à google afin de faire respecter les différences entre le droit d’auteur français et le copyright américain car demain, c’est à partir de google book (ou un de ses ersatz) que l’on téléchargera des livres sur son e-book …

    PS:
    La recherche “les angéliques” sur google book sort YMA en 4eme position
    La recherche “les angéliques” sur Gallica ne sort pas YMA sur les 10 premières pages.
    On peut en conclure que “Gallica est nul”, CQFD

  2. Yvon de Poligny — 22 octobre 2009 #

    L’esprit bureaucratique étant ce qu’il est, aucune démonstration ne pourra convaincre ses auteurs qu’un système est mauvais et doit être abandonné, tout simplement parce qu’il ne remplit pas ses objectifs.
    La France étant ce qu’elle est, Google ne peut que l’emporter, mû par une logique de résultat et de satisfaction des utilisateurs, et non par un fatras idéologique oscillant entre le risible et le nauséabond …

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