Vous vous souvenez de mes déboires de l’hiver dernier: des étudiants communistes sud-américains avaient demandé l’annulation de ma conférence de méthode sur le site décentralisé de Sciences Po-Paris à Poitiers, après mes critiques de Chavez, le président du Vénézuela. Le directeur local des études avait obéï à leurs injonctions.
Richard Descoins, directeur général de Sciences Po, a pris deux décisions:
1. Le directeur des études du site de Poitiers est licencié pour faute grave
2. J’ai reçu les honoraires de ma conférence de méthode, même si je n’ai pas pu faire cours.
Il me reste à espérer que je pourrai dans un avenir proche faire ce cours, mais évidemment, un autre prof a été engagé cet hiver, et il n’y a aucune raison qu’il soit à son tour victime d’une injustice sous prétexte que j’avais été pressenti avant lui.
Je rends ici hommage à la Direction de Sciences Po-Paris pour avoir fait preuve de courtoisie et d’équité dans cette affaire. Je rappelle, et mes étudiants pourraient en témoigner, que je n’ai jamais exprimé mes opinions politiques dans le cadre de mes activités enseignantes. D’abord, parce que lorsque la politique entre dans un amphithéâtre, la qualité de l’enseignement en sort. Ensuite, parce que, en politique, mes convictions ne m’empêchent pas d’être un homme de doute.
“Ensuite, parce que, en politique, mes convictions ne m’empêchent pas d’être un homme de doute”… donc un homme sage.
Il me semble du reste curieux que la direction d’un établissement d’enseignement plie de la sorte face à des étudiants.
“Il me semble du reste curieux que la direction d’un établissement d’enseignement plie de la sorte face à des étudiants.”
Sauf à être du même avis qu’eux, voire à avoir monté toute l’opération de A à Z.
D’ailleurs, si le directeur des études à été licencié pour faute grave, il doit vraisemblablement y avoir des circonstances aggravantes (idéologiques ?) par rapport au simple fait d’avoir, selon lui, voulu éviter des troubles.
Bravo,
C’est de plus très positif car cela montre qu’il reste des directeurs d’institutions honnêtes et courageux.
Bon, et comme ces conf’s ont été payées mais pas données, peut être que le meilleur moyen est de les publier ici sur le net pour que vos étudiants poitevins et “chavezistes” ainsi que vos lecteurs puissent en bénéficier…
Voilà une bonne nouvelle !
Le point le plus positif est en effet le remerciement du responsable de cet épisode navrant et inacceptable.
Sur un autre plan, à propos de courtoisie, il en est un qui s’honorerait à vous laisser une place qu’il a reçue par suite d’une mauvaise action. Oh, je sais bien que le sens du sacrifice a déserté nos contemporains, voués à l’arrivisme le plus crasse … mais on ne se refait pas.
Gageons que le Directeur des études licencié a saisi le Conseil de Prud’hommes.
Sans doute sera-t-il entendu par des oreilles complaisantes.