A tous ceux que mes propos ont heurtés, il me semble que l’union des chrétiens se réalise mieux en paroisse, qui est le cœur de l’Eglise ; je vous propose de vous le dire en poésie :
“Avance-toi au septième chœur des Principautés
L’un de ces anges-là veille sur ta paroisse famille de familles unissant les rues de ton quartier comme le maître-fil d’une tapisserie
Le premier Etat la première seigneurie au cœur du grand Etat qui garde ta patrie
C’est ici c’est ta paroisse
Qui est le noyau de l’amour et c’est pourquoi les Principautés rayonnent la charité
Ne cherche pas ailleurs le bonheur qui t’est donné d’être le frère de Jésus
Chrétien pourquoi ferais-tu ton baluchon chaque dimanche pour des messes lointaines quand l’ange principauté t’attend déployant ses grandes ailes au-dessus de ton porche
C’est ici que se fait ton salut dans cette économie et cette humilité
Un temps est réservé pour tout un temps pour les persécutions l’exode qui t’écorche
Un temps pour l’épopée manteaux blancs imprimés aux croix couleur du sang que tu verses
Et un temps pour aimer non point les horizons mais le prochain celui qui sort de sa maison et s’en vient avec toi à la messe
Entre dans la nouvelle crèche
Ici l’Enfant-Dieu tend ses bras vers un peuple renouvelé de pauvres et de riches
Bergers et troupeau
Grands et petits
Regarde tu es l’Âne et lui ton prochain c’est le Bœuf et toute l’haleine de ce peuple ici réchauffe la liturgie à la Messe de Noël
Et la Principauté reçoit vos anges gardiens comme un bedeau céleste ouvre les portes de la Maison de Dieu
Tout au fond de la crèche bâtie pour ce temps qui est le tien se tient l’autel où Jésus descendra entre les doigts du prêtre
Golgotha transfiguré par le Saint-Sacrifice
Lève les yeux vers les si hautes voûtes où s’enlacent vos chants et l’encens
Deux mille ans déjà que le monde est libéré des lois pour entrer dans la Grâce
Quelle voix quel démon te convainc de la chercher plus loin loin loin où elle n’est pas
C’est ici c’est si simple pourtant
C’est Dieu qui s’approche de toi Entre sous le vieux porche
C’est Dieu qui se penche vers toi et non toi qui t’élèves
C’est l’Eglise qui te montre la voie
Qui ouvre devant toi tes chemins
N’écoute point la voix d’un ange qui te crie « Jésus est ci ! Jésus est là ! »
Cet ange est réprouvé
C’est l’Eglise qui te montre Jésus
Car l’Eglise et Jésus c’est tout un
Ni les anges ni les docteurs ni les plus grands saints même
Car l’Eglise fait les saints
Car l’Eglise est l’épouse du Christ et par ces noces passées présentes et à venir l’Eglise est la gloire des hommes
Ne cherche pas dans les grimoires ni les chimères
Ni ton orgueil
Mais cherche dans ta gloire et ta gloire est dans le Christ
Et le Christ c’est l’Eglise qui te le donne
Ne cherche pas ailleurs
Ni tes vérités illusoires ni tes prières solitaires
Tourne ton cœur vers l’Azur les clefs de Pierre seules entrent dans la serrure
Vois comme ton salut est proche
Si simple
Si quotidien
Pourquoi es-tu allé si loin ?
Mon Dieu je vous demande pardon
Et Vous savez pourtant que je suis né dans une ville aux cent clochers
Enfant même j’avais cru que toute paroisse était faite de ces pierres si belles miraculeuses qui ont fait de Poitiers un écrin de Roman unique au monde
Saint Hilaire et Notre-Dame Saint Porchaire et Saint Jean Saint Pierre et Sainte Radegonde
Enfant j’ai cru cela et dans mes yeux d’enfant la ville où je vivais était si près du Ciel
Vous le savez ô mon Dieu qu’il fallait de l’orgueil et de la présomption pour vous chercher plus loin que devant moi Vous qui vous montriez là
De la révolte aussi
Malheur à celui par qui le scandale entraîne vos enfants au péché
Ô Dieu sur mon péché ayez pitié de tous ceux-là qui m’avaient révolté
Ainsi dans cette communion des pénitents ma faute sera pardonnée
Ayez pitié de tous ceux-là qui ont cru vous servir en vous desservant
Ayez pitié de moi qui ai cru vous défendre en vous attaquant
Car de toute ma révolte j’ai offensé l’Eglise et par cette offense c’est Vous que j’ai offensé
Noël approche ô mon ange passons ensemble sous le porche
Tout autour la Principauté a déployé ses grandes ailes
Nous voici rassemblés Bonjour Monsieur Renard – Hé ! bonjour Monsieur du Corbeau
Je suis venu sans fard – Je viens sans flatterie
C’est ici c’est dans l’humilité dans la simplicité de chaque jour
C’est pour cela que le Sauveur est né dans la simplicité d’une crèche
Non dans la pourpre et l’or mais dans la paille fraîche et le renfort d’un peuple de gens ordinaires
Et c’est le même peuple de cent bergers mais aussi les rois-mages d’aujourd’hui qui s’aiment par la prière et l’hostie
C’est ici que s’échange notre rédemption ô mon ange
Et j’entends éclatantes les hymnes entonnées :
Gloire à Dieu ! Paix sur la terre que hantent
Par bonheur et souffrance
Nos frères de bonne volonté !”
(Extrait de : Les Angéliques, éd. Via Romama, disponible dans toutes vos procures)
Merci !
Un merci ému.