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L’Affaire Chauprade

Il est décidément de plus en plus difficile de faire son métier de professeur en France. Je veux dire, de professeur libre. Un jour, ce ne sera plus possible, et nous ferons tous notre soumission.

En un an à peu près, j’aurai été témoin :

de l’affaire Sylvain Gougenheim à Lyon (il démentait la fable, datant des années 20-30, de la transmission arabe du savoir antique en Occident),

de l’affaire Benoît Fleury (major à l’agrégation de Droit, il a été exilé à Angoulême au lieu de Poitiers parce que dans sa jeunesse, il avait été militant d’extrême-droite . Il va de soi qu’aucun professeur des universités françaises n’a jamais milité à l’extrême-gauche; aucun non plus n’y milite encore)

de ma propre éviction de Sciences Po Paris (mon contrat ayant été unilatéralement dénoncé parce que j’avais critiqué Ugo Chavez sur ce blog, ce qui a déplu aux étudiants communistes sud-américains qui ont obtenu mon éviction. J’ai été payé de mon cours, mais pas réintégré)

et maintenant de l’affaire Aymeric Chauprade. Ce dernier, certes, enseignait dans un lieu politiquement sensible, et qui, contrairement aux universités ou à Sciences Po, a une raison de l’être : l’Ecole de guerre. Il n’empêche que l’on ne peut s’empêcher de faire un rapprochement entre la réintégratrion de la France dans l’Otan, participant de l’américanisme bien connu du Président de la République, et la mise à pied d’un professeur, connu, lui, au contraire, pour son indépendance d’esprit à l’égard de la tutelle américaine sur l’Europe. En 2003, quand l’ancien président Chirac avait résisté à Bush à propos de l’invasion de l’Irak (avec le ssucès que l’on sait…), Chauprade avait raison; maintenant, avec le nouveau président Sarkozy, il a tort.

Et je passe d’autres affaires du même genre pour ne pas gêner les professeurs concernés, suffisamment victimes de la ”police de la pensée”, comme disait Kriegel, pour ne pas aggraver leur cas en attirant un peu plus l’attention sur eux.

En outre il est très probable que j’ignore d’autres affaires encore.

Tout ceci, je le répète, est extrêmement préoccupant. Les intellectuels sont totalement inensibles à ce qui se passe depuis quelque temps, de sorte que l’actuelle mise au pas des derniers professeurs indépendants (il y en avait peu) est en train de réduire à néant ce qui restait de liberté de penser, d’écrire, d’éditer, de parler dans ce pays.

4 Commentaires

  1. Maroun — 12 février 2009 #

    Nous sommes déjà presque constamment sous commandement américain sans faire partie de l’OTAN, cette fois ci c’est de la pure soumission…

    Je suis en train de commencer un petit blog où je voudrais essayer de convaincre de l’obscurantisme perpétué par notre république et les médias… J’y garderai l’anonymat, en effet il ne vaut mieux plus trop attirer l’attention par les jours qui courent! La liberté d’opinion existe peut être encore, mais on ne peut pas l’exprimer sans en être inquiété…

    l’adresse est : http://www.roi-des-rois.fr

    J’ai mis ymadeline.fr en lien :)

    Je ne sais même pas si ça peut faire grand chose… au moins ça me défoule un peu. Voter pour des mythos de gauche ou de droite qui n’expriment même pas vraiment leurs idées, qui de toutes façons sont à l’opposé de tout ce que je peux penser m’a traumatisé!

    Soyez tous bénis.

  2. Yvon de Poligny — 13 février 2009 #

    Ce que vous décrivez peut à juste titre inquiéter, mais on ne peut ignorer que le monde éducatif est depuis les débuts de la République une de ses cibles prioritaires.
    Il est indispensable pour l’Etat, quel que soit son bord politique, de tenir l’enseignement sous son influence idéologique. S’il laissait libre de penser (pire : d’enseigner !) ses professeurs, quelles horreurs iraient-ils apprendre aux futurs citoyens ? Que la France telle qu’on l’apprend n’existe que depuis 1880 ; que l’histoire de la République est celle des échecs et des culs-de-sac ; que si la France royale était fille aînée de l’Eglise, sa république est fille des Etats-Unis ; que son peuple était plus heureux et prospère il y a 250 ans ? Et vous verriez encore ajouter à cette liste le démenti d’autres fables, dévoiler d’autres erreurs utiles à la vieille Marianne ? Etonnez-vous …
    Ce n’est pas une question d’opinions politiques, c’est une question de fondements : la République ne repose ni sur la liberté de penser, ni sur celle d’expression. Pas plus la 5ème que les précédentes.

  3. Royaliste — 13 février 2009 #

    A propos de l’affaire Gougenheim, que j’ai un peu suivi, je ne me prononcerai pas sur sa thèse, car je ne sais pas exactement ce qu’il en est. Mais apparemment, ce qu’on lui a reproché, ce n’est pas tant son opinion que sa méthode peu scientifique, avec des erreurs dans les sources citées, etc… Je ne sais pas ce qu’il en est, mais je préfère être prudent, voilà tout.

  4. Soutien-Chauprade — 18 février 2009 #

    Le blog officiel de soutien à Aymeric Chauprade

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