J’ai relu Le Siège de Jean Hautepierre (publibook). C’est un livre de poèmes qui évoque la naissance, le développement et la chute d’un empire autour de la cité imaginaire de Trézène, qui rappelle assez Byzance, mais, pourquoi pas, un autre empire.
Lors de ma première lecture, j’avais aimé ce livre moins que la tragédie Néron, du même auteur. Mais en deuxième lecture, l’esprit bien reposé par le rythme des vacances à Ré, j’ai mieux su m’imprégner de la sombre grandeur de ces pages. On est là en présence d’un authentique écrivain qui rassure sur l’existence de vrais talents littéraires, noyés certes dans l’océan insipide de la culture de masse, mais vivants. Encore que le fait qu’aucun éditeur n’ait publié cette œuvre (publibook, éditeur imprimant ses commandes en ligne, est du compte d’auteur; après tout c’est arrivé aux plus grands…) montre bien comme il est difficile d’être écrivain aujourd’hui, où il n’y a plus de différence de contenu entre les libraires des quais de gare et les librairies tout court. J’en sais quelque chose, moi qui passe ma vie dans les trains. D’ailleurs les librairies eux-mêmes disparaissent peu à peu, remplacées par les FNAC.
Sur ce blog encore, en parlant de Néron, je m’étonnais du style, remarquable, mais daté. Le style du Siège n’a pas ce parti-pris XVIIe, quoique de facture généralement classique, même si l’auteur de dédaigne pas des passages en prose poétique. Encore une fois, j’ai été vraiment emporté par le souffle de ce récit.
Au sujet de Néron, rappelons nous que M. Hautepierre était intervenu lui même sur votre blog pour présenter son point de vue: http://www.ymadeline.fr/questions-sur-la-forme/
Quant à moi, même si je suis assez loin de l’ile de Ré, mais je me suis promis de mieux connaitre l’œuvre de M. Hautepierre étant donné votre critique et les quelques pages que l’on peut lire sur le site google.book .