L’Affaire Darieusecq (une question de plagiat) met à nouveau en lumière ce problème majeur de notre paysage littéraire français. Ayant envoyé récemment un livre d’histoire à de nombreux éditeurs, un ami historien, qui a lu le manuscrit, m’avertit que je ne dois pas attendre trop longtemps avant de faire affaire avec un éditeur, parce que certaines grandes maisons n’hésitent pas à passer des manuscrits à des auteurs ayant pignon sur rue, qui pillent abondamment dans votre travail et vous coupent l’herbe sous le pied. Dans ce cas, il n’y a pas formellement plagiat, puisque vous n’êtes pas encore édité, et de toutes façons rien n’empêche ces pillards (dont les noms sont connus) de voler une idée et de l’écrire différemment de vous.
Que dire de plus? quand on me demande un conseil sur un prétendu historien ayant pignon sur rue, j’attire d’abord l’attention de mon interlocuteur sur des considérations pratiques. Voir quelqu’un publier plus d’une centaine de titres volumineux portant sur des sujets très différents, c’est suspect. Voir un conseiller du président de la république, comme était Attali dans les années 80, publier à l’époque à tire-l’arigot, ce n’est plus suspect, c’est impossible. A ma connaissance, le seul auteur ayant eu le courage de faire publiquement allusion à cela devant Attali, et au milieu de journalistes cois, tous tenus par notre société de connivence, aura été Onfray, si futile que soit ce dernier par ailleurs.
De nombreux musiciens, chanteurs procèdent de même; les artistes au sens large du mot et, puisque vous les évoquez, les journalistes qui travaillent à la pige ~ les commentaires de blogs sont pour eux du pain béni pour sortir un papier, ils n’ont même plus besoin de s’installer au bistrot pour écouter les idées neuves ~ c’est la vie…
N’y a t il pas, dans votre post, deux problèmes distincts:
- d’une part le travail collaboratif, en d’autres termes l’utilisation de ‘nègres’ permettant de publier abondamment mais ce qui n’empêche pas que les idées principales restent celles de l’auteur. Cette forme de travail a au moins le mérite de rétribuer des personnes pour un travail réel.
- Le plagiat, qui est un réel fléau et que vous avez raison de dénoncer car il est équivalent à un vol pur et simple.
A bientôt,