Je compte pour le XXe siècle cinq grands poètes français: Claudel, Péguy, Apollinaire, Senghor, Aragon. Césaire n’avait pas la même dimension, c’est une poésie cinglante, révoltée, qui faisait écho à son siècle de révoltes et d’affrontements, mais on est loin du rythme extraordinaire, de l’invention, des évocations puissantes de Senghor, qui était un seigneur.
Cependant l’histoire littéraire les a réunis dans une volonté commune de promouvoir la “négritude”, et ces deux hommes se sont bien connus. Il est légitime de dédier à Césaire ses quelques vers de son ancien camarade Senghor:
“On l’a baigné pour les noces célestes, parfumé frais de vétivier
Allongé son corps long dans une bière de bois précieux
Des jeunes gens ses camarades l’ont soulevé, porté sur leurs épaules hautes.
Sous les fleurs du printemps, les chants comme des palmes, son peuple lui a fait cortège
Tout son peuple tressé en guirlandes serrées”
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