Yves-Marie Adeline / 96 Articles / 238 Commentaires / Articles RSS / Commentaires RSS


Reconsidérer la mixité scolaire

C’est une bonne chose de remettre à plat la question de la mixité à l’école, au moins pour certaines classes, puisque la scolarisation se fait au même âge, mais pas la puberté. Par exemple, à partir d’environ 11 ans, une fille se développe beaucoup plus qu’un garçon, elle mûrira également beaucoup plus vite, de sorte qu’il faudra attendre longtemps, la fin de la scolarité en fait, pour que deux personnes du même âge mais de sexe différent soient à peu près au même niveau de développement mental. Ce qui signifie que la scolarité est perturbée quand la mixité est pratiquée dans les classes concernées: les adolescentes voisinent avec des enfants, donc la pédagogie les tire vers le bas. Inversement, la cohabitation avec des filles mentalement dominantes présente le risque d’inhiber les garçons. Ainsi, les deux sexes pâtissent de cette pratique. Mais là encore, je doute qu’une réforme soit possible, puisque l’idéologie d’un égalitarisme mal compris s’en mêle  . On continuera donc sur le chemin de la médiocrité, comme l’Education nationale en a l’habitude: on ne change pas une équipe qui perd!

5 Commentaires

  1. Ulysse — 30 mai 2008 #

    Nous avons scolarisé notre fille dans un établissement catholique de fille (tout au moins jusqu’à la seconde où l’établissement devient mixte) et où elle porte un joli uniforme, dont elle est fière, comme le sont ses camarades de classe.
    Je vous dirais que, pour ce qui nous concerne, jusqu’à présent nous ne regrettons pas notre choix.
    Car, comme vous le relevez, le développement biologique des filles est différent de celui des garçons. J’ajouterais que l’on n’élève pas une fille de la même manière que l’on élève un garçon.
    Ce qui ne nous empêche pas d’inviter à de temps à autres des garçons à la maison, à peu près de son âge, afin de ne pas l’isoler dans un milieu uniquement féminin, ou bien elle-même d’être invitée par des parents de garçons et surtout de lui faire pratiquer des sports en milieux mixtes (en l’occurrence l’équitation).
    Je pense que la mixité durant la scolarité est une erreur, pour les raisons que vous évoquez, mais que le risque d’inhibition peut valoir parfois autant pour les filles (car certains garçons peuvent se montrer très dominants, voire violents) que pour les garçons.
    (J’ajouterais aussi qu’un établissement privé conventionné où tous les élèves portent un uniforme discret, coquet et sobre ne revient pas beaucoup plus cher qu’un établissement public du fait de l’économie faite sur les vêtements à la mode qu’il faut sans cesse renouveler).

  2. Yvon de Poligny — 30 mai 2008 #

    Il est remarquable qu’aucun média ne fasse mention des initiatives anglaises sur la séparation des sexes qui permet d’adapter le mode d’enseignement à la psychologie masculine / féminine : plus axée sur la compétition pour les garçons, sur la coopération pour les filles. Cela entraînant une hausse des résultats scolaires dans les deux cas.

    Il est encore plus remarquable d’entendre les cris indignés des tenants de l’école publique, laïque, républicaine, etc., devant ce qui n’est que la reconnaissance d’un droit, et non une obligation ni même une recommandation !

    Vous le dites parfaitement, Monsieur Adeline, tout est affaire d’idéologie égalitariste déplacée, et, en la matière, l’Education Nationale est un bastion qui paraît imprenable, malgré ses échecs.

    J’attends avec espoir le jour où la République devra cesser de limiter le nombre d’établissements publics, et laisse vraiment à ses citoyens la liberté de confier la formation de leurs enfants au privé : nous verrons bien alors ce que les Français préfèrent, de l’idéologie ou de l’efficacité !

  3. Henri — 30 mai 2008 #

    Voyons Ulysse, M. de Poligny et M. Adeline, que n’allez vous pas voir et applaudir ‘Entre le murs’! Vous y apprendriez que l’école s’enrichit des différences entre les élèves, que dis je, des diffrérences entre des “mômes magiques” issus des deux sexes et des cinq continents! Vous n’avez que trop tardé à vous mettre au neo-neoréalisme, une scéance de ciné doublée d’une lecture de Télérama s’impose.

  4. Yvon de Poligny — 30 mai 2008 #

    Merci Henri, vous nous remettez tous dans le “droit chemin” de la bonne pensée ! Heureusement que subsiste encore le vigoureux bon sens français !

    J’irai donc voir ce chef d’oeuvre (avec Télérama dans la poche pour m’occuper intelligemment pendant les pubs), que d’ailleurs, grâce aux fins commentaires de l’ensemble de nos - tellement pertinents ! - médias, je mourais d’envie d’aller voir dès sa sortie …

    Pouvez-vous nous indiquer à quelles autres sources vivifiantes nous pourrions rafraîchir nos idées fatiguées, et ouvrir enfin nos esprits réactionnaires au “néo-néoréalisme” ?

    D’avance, et encore, merci !

    (merci de cet éclat de rire bienvenu)

  5. Ulysse — 31 mai 2008 #

    Je suivrai, moi aussi, vos précieux conseils à la lettre! Et merci encore pour l’info. Que diable! Il faut être à la page.

Laissez un commentaire