L’universitaire Sylvain Gouguenheim subit une cabale insupportable depuis la sortie de son livre consacré à l’histoire de la transmission de la pensée d’Aristote. Décidément, cette année aura été fertile en événements de cette sorte qui montrent comment l’enseignement supérieur est en train de suivre la pente des établissements primaire et secondaire, où il y a belle lurette que la pensée unique s’est imposée. Ainsi, les quelques niches de liberté dans le supérieur sont en train d’être comblées par l’idéologie dominante, et j’en ai eu moi-même ma part cette année (encore que mon affaire connaîtra probablement un dénouement inattendu dont je vous reparlerai s’il se confirme).
La thèse de Gouguenheim n’est d’ailleurs pas complètement nouvelle, elle démonte le mythe, répandu depuis plusieurs décennies, d’une contribution indispensable des Arabes à la conservation et la transmission de l’héritage antique. Idée absurde, puisque l’Occident a toujours été en contact avec Byzance, mais en matière de bourrage de crâne, on sait que plus c’est gros, mieux ça passe. Il était donc sain qu’un universitaire vienne rappeler tout le monde au bon sens.
Mais à l’université de Lyon II où il enseigne, Gouguenheim a fait l’objet d’une pétition rassemblant non seulement ses confrères, mais le personnel administratif et d’entretien (!) pour protester contre la liberté qu’il a prise de publier un livre “sans leur avoir demandé la permission”!… C’est dire où en est la république française en cette extrême-fin du XXe siècle.
Je sais bien que ce post ne servira à rien, mais je veux exprimer ici ma solidarité avec cet auteur qui a le courage non seulement d’écrire, mais, plus difficile encore, de vouloir enseigner librement en France.
A la télévision, le soir du 14 juillet, j’entendais un bobo d’une trentaine d’années dire que le 14 Juillet était une fête importante vu que c’était l’abolition de l’autoritarisme !!! On voit combien les Français se méprennent sur leur régime, un régime de paroles non suivies d’actes ! Le cas Gouguenheim est encore une preuve que la liberté d’opinion, quoiqu’elle soit inscrite dans la Déclaration des Droits de l’Homme, n’est qu’un leurre. D’ailleurs, plus personne ne croit ni à la liberté, ni à l’égalité, ni à la fraternité républicaines !
Ce n’est pas étonnant que ce professeur ait été traité de cette manière à Lyon II, car la pénétration du marxisme est incomparable dans cette faculté. On enseigne pas la philosophie car on tend à penser qu’elle ne serre plus à rien depuis la fin du 19ème siècle parce qu’on est passer à l’age de l’observation empirique et de l’analyse scientifique des comportements humains. On lui préfère en effet la sociologie. Lors de l’élection présidentielle l’année dernière, j’ai aperçu des militants communistes dans le hall d’acceuil de la faculté en train de plier un drapeau de l’Union Soviétique ! Durant les cours magistraux de droit, des professeurs n’hésitent pas à montrer par des remarques leur mépris des idées de droite et du Gouvernement. Je n’ose pas parler de la propagande politique et des appels à la manifestion …
Encouragements et soutien mérités, donc manifestés de bonne grâce. Courage à lui, à vous, à tous ceux qui persévèrent dans la volonté d’enseigner un savoir, et non une idéologie.